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la performance des images (introduction)
Ce texte constitue l'introduction au livre collectif La performance des images (Editions de l'Université de Bruxelles, 2010). Il s'agit d'ouvrir un champ d'exploration des images du point de vue de ce qu'elles font plutôt que de ce qu'elles signifient.
Les images agissent, mais comment ? Du fait d'un "pouvoir" qui leur serait naturel ? On penche plutôt ici pour une hypothèse culturaliste : les images agissent à partir du moment où elles sont utilisées dans des conditions particulières qui en font des agents sociaux. Aussi cherchera-t-on à déterminer les quatre modalités principales qui rendent les images agissantes : l'efficacité, l'agentivité, la performativité et la puissance. -
Mazagão, la ville qui traversa l'Atlantique
Parmi les voies nouvelles qui s'ouvrent pour l'histoire, celle qui serait attentive à la multiplicité des temps et des rythmes sociaux, aux décalages et contrepoints paraît particulièrement fertile. Elle semble à même de mettre en lumière le clair-obscur des identités sociales, ainsi que les aléas des configurations socio-spatiales à l'œuvre dans la ville.
Dès lors, quelques-uns des « sentiers détournés » de l'histoire, que nous invitait à suivre Marc Bloch il y a quatre-vingt ans de cela, pourraient à nouveau s'ouvrir. -
les contemporains
Force est de constater que les objets dont historiens, anthropologues, sociologues ont la charge relèvent pratiquement tous de catégories à hétérogénéité exacerbée. Pourtant ces chercheurs s'obstinent à les appréhender avec l'arsenal catégoriel « aristotélicien » : par la moyenne et la médiane, par l'habitus et l'épistémè, bref, par les régularités, statistiques et autres. J'accuse les sciences sociales d'être en retard d'un paradigme. Nulle part ne sont-elles plus ringardes que dans leur traitement de l’« identité collective ». On la cherche, on la reconstitue au centre, du côté de l'ordinaire, alors que l'identité, qu'elle soit individuelle ou collective, ne passe jamais par la moyenne. C'est la psychologie de la Gestalt qui l'enseigne : plus a-typique est le stimulus, plus il a des chances de s'imposer comme figure. Ce n'est ni le hasard, ni le piston qui ont fait de Napoléon une grande figure et de ses contemporains, des figurants. Chacun de ses maréchaux et grenadiers pris séparément était peut-être un brave type, mais nul n'avait les poumons pour tenir l'histoire en haleine vingt ans durant.
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Notas sobre la espera de un peticionante de asilo en Francia
Actualmente, la espera puede ser considerada como la “actividad” de aquellos que solicitan refugio en Francia por motivos políticos, y los centros de recepción y asistencia para peticionantes de asilo como lugares de espera. Las personas que encontré durante mi trabajo de campo debieron esperar la evaluación administrativo-legal de su solicitud entre seis meses y cuatro años, período durante el cual no pueden trabajar y su situación legal es precaria. Pero ¿qué quiere decir en realidad esperar? ¿Qué ocurre cuando se es puesto a esperar?
En este artículo propongo estudiar las actividades cotidianas de un solicitante de asilo marfileño para pasar, matar u olvidar el tiempo, así como la forma en que otorga sentido a su experiencia. Basándome en una investigación etnográfica llevada a cabo en centros para peticionantes de asilo financiados por el Estado y administrados por distintas ONGs en los suburbios de París, me interesa indagar en lo que sucede cuando la espera se normaliza. -
représentation de la terreur dans l’œuvre allemande de Fritz Lang (1919-1933 / 1959-1960)
Que le cinéma de grande fiction travaille à se constituer en document, c'est la lecture que Fritz Lang n'a cessé de revendiquer. Mais par quelles voies le film accéderait-il à cette dimension documentaire ? Non pas par l'enquête sur le terrain, mais par les puissances de l'imagerie ; non pas par un protocole d'observation, mais par une confiance accordée à la langue ; non pas par la singularité du plan, mais par le système figuratif que le cinéaste élabore pour rendre compte de la terreur moderne.
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Adam et l'Astragale
Adam et l’astragale, deux faces d’une même question : celle de l’homme et de son humanité. Les auteurs proposent de poser la question de l'humain du point de vue de ses limites. Au lieu de demander aux sources la traditionnelle question philosophique « Qu'est ce que l'homme ? », il leur demande « Où s'arrête l'humain ? »
Ce texte constitue l'avant propos de Adam et l'Astragale. Essais d'anthropologie et d'histoire sur les limites de l'humain, publié aux Editions de la Maison des Sciences de l'Homme (2009).
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La marchandise est un spectacle. Comment transformer trois sous de plastique en jouet ? Le cinéma est le laboratoire des effets qui sacrent la marchandise, qui lui confèrent la vie éternelle de l’objet toujours neuf. La Californie, l’usine à rêves, invente les rituels du sacrement mercatique, de l’onction céleste qui transforme le pain des pauvres au travail en fétiche magique. Il y a, dans un film, un bout du mystère de la plus-value.
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l'expérience zapatiste
Même si, vue d’Europe, l’expérience zapatiste peut paraître lointaine et exotique, elle pourrait bien encourager une réflexion plus générale, susceptible d’être partagée d’un continent à l’autre. Il ne s’agit certes pas de transformer le zapatisme en modèle ou en doctrine, ce que les zapatistes eux-mêmes refusent avec la plus grande énergie. Il s’agit seulement d’observer leur rébellion pour tenter d’en tirer quelques enseignements, notamment en ce qui concerne les formes politiques de l’émancipation sociale.
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les images comme acteurs de l'histoire
L'événement est ce qui fait bouger la représentation jusqu'alors stable d'une situation. Il modifie notre perception des choses, les historiens comme les philosophes s'accordent pour lui attribuer cette capacité à briser l'intelligibilité du monde et à imposer une recomposition à partir des éléments nouveaux de la perturbation. À ce titre, l'événement est affaire de représentation, quelle que soit l'échelle de son impact, il peut être compris comme un mode de transformation de la rationalisation du monde. Qui décide alors de la valeur d'un fait, d'une expérience qui le hausse au niveau d'un événement ? Qui ou comment se décrète le quotient d'événementialité d'un fait vécu ?
Représentation et événement. Deux mots, deux notions, un couple en apparence indissociable. Toute la difficulté consiste dès lors à comprendre ce composite qui est le cœur de notre relation à l'histoire. -
D’un point de vue statistique les catastrophes (aux occurrences rares et amplitudes majeures) relèvent d’une forme « sauvage » de hasard. Cela les distingue des risques et les situe hors du paradigme scientifique de connaissance.
L’étude de cas ethnographiques (Japon, Amazonie brésilienne) montre le type de rationalités que ces sociétés ont développé face aux catastrophes. S’ensuit une définition des catastrophes en fonction des "figures anthropologiques" des sociétés qui les subissent. -
les naissances politiques de l’anthropologie historique
Pourquoi l’anthropologie historique s’appelle-t-elle l’« anthropologie historique » ?
Pourquoi Jacques Le Goff, au moment de forger l'expression, a-t-il préféré la référence anthropologique à celles d’ethnologie ou d’ethno-histoire?
Des éléments de contexte (luttes de libération nationale, contestation de l'année 1968) sont largement intervenus.
A travers le cas particulier de l'anthropologie historique médiévale, nous verrons comment s'est opérée la décolonisation intellectuelle des sciences humaines françaises. -
figure de la correction
Le cas Obama soulève de drôles de questions.
Celle-ci notamment : comment une pure singularité peut-elle réunir une telle unanimité ? -
a note on the film “Chicken Run” (2000)The western world had through the second part of the 20th century shifted from Death to Extermination.
In this period the extermination camps became the absolute reference of Evil. When extermination becomes part of our daily life or at least its background, one is not surprised to see that it is transformed into myth and legends.
From the documentary films made in the liberation of the camps, paying by half documentary film, as Nuit et brouillard [Night and Fog] (1955) of Alain Resnais, into sublimated films like, and Claude Lanzmann’s Shoah (1985). Later one we passed to a more consummate film like Schindler's List (1993), and to a fantastic films like La vita è bella (1997) of Roberto Benigni. Chicken Run (2000) is the next stage where the Extermination Camp becomes a fable... -
image et transgression au Moyen Âge
Pourquoi une image choque-t-elle ? Une réponse s'élabore au fil des pages autour du concept de montage : agencement des regards et des lieux, des figures et des temps. La méfiance croissante face aux images du mal, la naissance de l'émotion pornographique, l'émergence du graffiti contestataire, la destruction d'images par l'autorité qui les a commandées, l'élaboration savante de l'inimaginable : autant de phénomènes qui éclairent la transformation du rapport aux images en Occident. Transgression et image forment ici un couple dont l'histoire est mise en perspective avec le présent. Ce faisant, c'est la croyance en un pouvoir des images qui est décryptée.
"A l'arrière de nos images" est l'avant-propos de Image et transgression au Moyen Âge, essai publié aux Presses Universitaires de France en avril 2008.