thomas golsenne

  • la performance des images (introduction)

    Ce texte constitue l'introduction au livre collectif La performance des images (Editions de l'Université de Bruxelles, 2010). Il s'agit d'ouvrir un champ d'exploration des images du point de vue de ce qu'elles font plutôt que de ce qu'elles signifient.
    Les images agissent, mais comment ? Du fait d'un "pouvoir" qui leur serait naturel ? On penche plutôt ici pour une hypothèse culturaliste : les images agissent à partir du moment où elles sont utilisées dans des conditions particulières qui en font des agents sociaux. Aussi cherchera-t-on à déterminer les quatre modalités principales qui rendent les images agissantes : l'efficacité, l'agentivité, la performativité et la puissance.

  • Adam et l'Astragale

    Adam et l’astragale, deux faces d’une même question : celle de l’homme et de son humanité. Les auteurs proposent de poser la question de l'humain du point de vue de ses limites. Au lieu de demander aux sources la traditionnelle question philosophique « Qu'est ce que l'homme ? », il leur demande « Où s'arrête l'humain ? »

    Ce texte constitue l'avant propos de Adam et l'Astragale. Essais d'anthropologie et d'histoire sur les limites de l'humain, publié aux Editions de la Maison des Sciences de l'Homme (2009).

  • réflexions sur un livre à écrire

    Ce texte est le point de départ théorique d'un projet collectif dirigé par Gil Bartholeyns et Thomas Golsenne sur La Performance des images. Le livre sera publié fin 2009 par Les Editions de l'Université de Bruxelles. On n'y fera pas l'apologie néo-libérale d'une image compétitive et rentable, mais plutôt on se demandera : Qu'est-ce qui rend une image active, qui la fait fonctionner ? Et d'ailleurs que veut dire "fonctionner" pour une image ? Nous donnons ici un certain nombre de réponses, bien conscients qu'elles soulèvent des questions à leur tour. Aux lecteurs de les formuler.

  • Ce texte est le support d'une communication que je donnerai au colloque "Faire de l'anthropologie historique du Moyen Âge aujourd'hui" (EHESS, 20-22 novembre 2008).
    Pour diverses raisons, je n'en suis pas satisfait mais je n'arrive pas exactement à trouver ce qui cloche. Je le soumets au Laboratoire, en espérant qu'une lecture collective et critique permettra de résoudre ce problème.

  • Baschet / Wirth

    Ceci est une réaction d'après le compte-rendu de Jérôme Baschet sur le livre de Jean Wirth, L'image à l'époque gothique.
    A travers une discussion sur la pertinence de l'opposition entre l'époque romane et l'époque gothique se dégage une réflexion plus théorique sur la validité du modèle de la révolution pour expliquer les phénomènes historiques.
    Si la révolution ne semble plus d'actualité, peut-on l'imaginer inactuelle, peut-on observer un "devenir-révolutionnaire" (Deleuze) qui traverse l'historien ?

  • introduction (Pour un autre Quattrocento)

    Ce texte est l'introduction d'un livre qui paraîtra prochainement aux Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales.
    Il constituera le premier ouvrage monographique en français sur le peintre vénitien Carlo Crivelli, refoulé de l'histoire de l'art mais qui, comme tout refoulé, fait retour un jour ou l'autre.

  • d'après Jean Wirth, "L'image à l'époque gothique"

    Le dernier livre de Jean Wirth, L'image à l'époque gothique, offre un excellent cas d'école : tout en insistant avec grande érudition et intelligence sur les dimensions théorique, anthropologique, esthétique de la scolastique médiévale, l'auteur ne cesse pas de répéter que ces discours ne déterminent pas les orientations formelles des oeuvres d'art, mais les expliquent.
    Je voudrais expliciter les impensés d'une telle position et proposer une autre façon d'aborder la relation entre phénomènes artistiques et culture savante.

  • le débat sur l'ornement au Quattrocento

    La peinture de Carlo Crivelli (v.1430-v.1494) comporte souvent des ornements en relief doré (couronnes, diadèmes, épées, clés etc.) dont l'étude a jusqu'ici été négligée par les historiens de l'art.
    C'est pour pallier ce manque que cet article est écrit. Car ces "meta-trompe-l'oeil" inscrivent les tableaux de Crivelli au centre de débats théoriques sur la peinture (la question du trompe-l'oeil, celle de l'ornement) et de problèmes théologiques sur l'image (sur la limite entre l'icône et l'idole, le culte licite des images et l'idolâtrie) qui agitent les intellectuels du Quattrocento.

  • Deleuze, dans Mille plateaux, écrit avec son ami Guattari, observe le couple formé par la guêpe et l’orchidée : l’orchidée semble avoir en son sein un abdomen qui ressemble à celui de la guêpe, si bien que celle-ci est attirée et se frotte comme pour s’accoupler ; en fait, elle ne fait que se coller plein de pollen dessus ; puis elle va vers une nouvelle orchidée et refait la même danse.
    En fait, à son insu, la guêpe sert à assurer la reproduction de l’orchidée, en transmettant le pollen d’une orchidée femelle à une orchidée mâle. C’est un beau cas de mimétisme animal et même végétal ; mais Deleuze et Guattari y voient un cas de devenir-animal et précisent que cela n’a rien à voir avec de l’imitation. Ce qui compte à leurs yeux, c’est qu’il y ait une relation réciproque, un devenir mutuel.